Chroniques DVD
29
Mar
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : morituri te salutant

Scénar : si Rome est à son apogée en ce premier siècle avant Jésus Christ, l’Empire tient grâce à l'esclavage. Le thrace Spartacus en souffrit beaucoup avant de marquer l’Histoire à tout jamais : quand un homme de sa condition chargé de pierres s'écroule, il tente de le relever, provoquant du même coup la colère des gardes dont un paiera le prix de son talon d'Achille… Comme le marchand Batiatus est venu faire ses emplettes au sein du « personnel » du chantier, il achète Spartacus qui se retrouve dans une école de gladiateurs où l’on entreprend de le mater mais il refuse d'être un animal en cage. Un jour, c’est la vexation de trop et les gladiateurs se révoltent : ils prennent l'école puis la Campanie, et « leur nombre augmente chaque jour » s'inquiètent, déjà divisés en factions rivales, les tribuns du Sénat. Et pour cause, le sac de la péninsule continue, à l’occasion duquel Spartacus rassemble un trésor pour payer pour ses compagnons et lui le retour vers leurs contrées d'origine. Mais comme l’armée de Spartacus grandit et s'entraîne sur les flancs du Vésuve avant de fondre sur la mer et promettre de détruire les armées qui se mettraient en travers de son chemin, la peur prend les vipères qui peuplent le Sénat et pousse Spartacus à l'affrontement par le biais de son protégé apprenti dictateur, un certain Jules César

Quand en pleine « chasse aux sorcières » maccartyste, Kirk Douglas en personne, producteur du film, choisit le paria Dalton Trumbo 1 pour adapter pour l’écran le roman de Howard Fast, le scénariste, soupçonné d’activités anti-américaines comme tout l’Hollywood aux sympathies gauchisantes, doit travailler sous pseudonyme. Mais l’acteur lui offre sur un plateau un monument en devenir qui va déjà se distinguer par un casting énorme : Kirk Douglas incarnera bien sûr Spartacus et le réalisateur du sulfureux Les Sentiers de la gloire, Stanley Kubrick, s’occupera de la mise en scène puisque le grand Anthony Mann sera remercié par Douglas après le tournage de seulement quelques scènes (qui servirent quand même dans le film). Quelques poids lourds viennent ensuite grossir l’affiche : Laurence Olivier, Charles Laughton, Peter Ustinov, Tony Curtis, John Ireland, Herbert Lom ou encore le musclé Woody Strode et bien heavy-demment d’innombrables figurants, il fallait bien ça pour cette immense fresque de plus de trois heures d'aventures épiques et tragiques qui coûta un paquet de millions de dollars mais en rapporta…cinq fois plus !

 

Farci d'images carrément dignes de tableaux de maîtres, particulièrement ce dramatique chemin de croix qui marquera l'enfant qui vit encore dans le corps de votre non-serviteur, marqué aussi au passage au fer rouge par le cynisme des hommes vivant DE (et pas POUR) la politique, le service à géométrie variable de l'homme envers ses pseudo-dieux ou encore la cruauté du vainqueur quand il s'aperçoit n'avoir rien gagné face au courage d'un espoir brûlant de liberté, Spartacus est un immense classique du cinéma où, malgré les habituels petits arrangements avec l’Histoire, la vraie, on trouve de jolies reconstitutions de l'entraînement solide des guerriers des arènes, de beaux décors dignes de ce que l’on croit deviner de la magnificence de la Rome de l’époque et une chouette bande originale martiale et sombre signée Alex North. « Tu es peut-être même intelligent, c'est dangereux pour un esclave… » On n’aurait peut-être pas dû perdre cette intéressante habitude pour faire trembler les tyrans. Surtout si tout ça déboulait sur une étonnante bataille à la brochette géante enflammée, un moment intéressant en perspective. Ad arma!

P. S. : il va sans dire qu'une vague de films de gladiateurs, sans les sous-textes politiques teigneux de Trumbo, envahira les cinémas, particulièrement transalpins, tu peux cliquer sur le mot-clé pour vérifier stumcroipa.

1 voir au passage Dalton Trumbo de Jay Roach (avec Bryan Cranston, Elle Fanning…) 2015 et, afin de lire plein d’autres chroniques sur les gens cités, clique juste sur leur nom en rouge. Tant qu'à y être, on a aussi un Spartacus ultérieur en rayon : Spartacus de Riccardo Freda (avec Massimo Girotti, Ludmilla Tcherina…) 1953.

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