Chroniques DVD
17
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : chevaliers des temps modernes

Scénar : tout va bien dans le meilleur des mondes possibles : le couple se réveille à poil dans la forêt, lui va se flageller un peu dans le lac avant de reprendre épée et armure, les deux enfourchent ensuite une moto et se rendent au ramdam médiéval dont l’homme est le roi. Billy est même le créateur de cet univers surréaliste que les flics, déjà là, se verraient déjà gâcher puisqu’un bakchich leur a été refusé. Le tournoi aura quand même lui et le roi, souffrant d'une vieille blessure, va quand même affronter le Chevalier noir même si la reine s’inquiète beaucoup pour Billy qui prend des risques avec sa santé, l’homme a même fait le mystérieux rêve d’un merle qui d'après lui causerait sa perte. En attendant, la troupe est menacée sur plusieurs fronts : le harcèlement policier s’éternise, l’intrusion de la publicité honnie draine un nouveau public mais aussi des salopards de journalistes, et la scission guette la troupe quand certains souhaiteraient faire plus que passer leur vie sur la route pour vivre de clopinettes. Mais l’artiste payé décemment est-il vraiment en position de montrer un spectacle qui vient du fond des tripes ? La bande va devoir y réfléchir sérieusement avant implosion.

Romero ne croyait pas que ce film plairait à ses fans, il avait tellement tort ! On croit ici en toute sincérité que c’est son plus beau, un cirque comme ça, un vrai cirque de hippies inspirant pas comme tous ces glands en claquettes désignées par le terme ici honni peut passer quand il veut au village tellement cette galerie de personnages attachants semble authentique, touchante, et cette histoire d'une utopie rasurrante : on peut donc avec un œuvre - au départ - indépendante et sans en faire des tonnes toucher du doigt des réalités comme les fumiers qui tapent leurs femmes, les microphallus abusant de leur pouvoir et le fric qui pourrit tout, heavy-demment. Mais attention, on ne se contente pas de faire dans le messgae critique assommant, beaucoup de gags sont finement placés (ah, l’orchestre qui joue n'importe quoi puisque la bande musicale a sauté ! Et Stephen King tout crado dans le public !), les dialogue chouettes et souvent drôles, on en oublierait presque les acteurs, franchement excellents : Ed Harris a le port royal adéquat, Tom Savini est parfait en méchant goguenard, et il est surprenant de se dire que presque tous les (très bons) autres acteurs n'ont fait que ce film.

Alors bien sûr, avec autant de poursuites et de cascade en moto (wow, il y a de sacrés motards cascadeurs sur le tournage, déjà des tournois, parfois très western, avec des lances sur deux-roues ça doit pas être facile, sans parler des side-cars !) et même sur des parties endiablées de banjo avec, on parlerait aujourd'hui de pollution et de destruction de l'environnement mais franchement c'est trop chouette à regarder et même beau comme un Mad Max. Mais au fait quelle idée d’avoir mêlé la chevalerie médiévale et des motos ? Romero était sûrement un poil fou mais l’idée ne vient pas de lui, c’est Sam Arkoff qui à la vue du scénario original figurant des chevaux lui a dit « mettez-les sur des motos ». Romero revoit alors sa copie et dans le même temps, il reçoit une offre pour trois films de Salah M. Hassanein. Avec les fonds il fera Knightriders, Creepshow et Le Jour des morts vivants. Dans ce premier, ça virevolte dans tous les sens et c'est un immense plaisir de se faire embarquer, d’autant que ces images remasterisées sont superbes (à part peut-être celle de la pizza la moins sexy de l'histoire du cinéma ?) ainsi que la bande originale super variée.

Bonus : « Code d’honneur » (entretien avec Georges A. Romero de 2013, 16’), « King Arthur in America » (entretien avec William Blanc par Julie Pillorget 18’), bandes-annonces (3’), bande-annonce de l'éditeur Blaq Market plutôt alléchante. Ce que l’on peut tirer de ces documentaires, c’est le vrai roi Billy est en fait Romero : intègre jusqu'au bout, il parle de ses acteurs avec tendresse et passion, montre souvent quel grand type (dans tous les sens du terme) il était. Voilà une réédition qui fait chaud aux tripes, et cette couverture signée Boris Vallejo est géniale.

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