Une petite contribution ?

Chroniques DVD
28
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

cronenberg horreur sf film rage épidémie

Genre : virus, ou le vampire moderne

Scénar : à proximité de la clinique de chirurgie esthétique Keloid où l’on cause gros sous (permettre aux gens de prendre des crédits pour se faire opérer ? Certains se voient mal passer pour des docteurs qui opèrent à la chaîne), une belle motarde tout de cuir vêtue et son compagnon se mangent le camping-car d’un maladroit faisant demi-tour au milieu de la route. L’homme n'a que des blessures plutôt superficielles, la femme par contre doit être opérée au plus vite, le docteur décide de s'en charger puisqu'elle n'aura pas le temps d'être prise en charge vu la distance jusqu’à l'hôpital. Keloid décide une greffe qui pourrait entraîner de graves séquelles d'après sa collègue, il veut rendre les greffons « morphologiquement neutres » afin qu'ils s’agglomèrent sans montrer de quelle partie du corps ils proviennent. Un mois plus tard, le chirurgien se dit satisfait mais la jeune fille n'est pas encore transférable à l'hôpital. Elle se réveille en hurlant avec un irrépressible besoin de chaleur qu’elle assouvit avec un client qu'elle finit par blesser, ses bras possédés par une sorte de rage. Alors que la victime est transportée à l'hôpital, elle s'en prend à d'autres et celles-ci commencent à faire de même…

Tout le cinéma de David Cronenberg est contenu là-dedans ! Encore une fois, le cynisme de la science rendue puissante par le narcissisme de l’humain qui comme d’autres iraient chez le coiffeur, vont faire modifier leur corps par le simple usage de leur richesse et à des fins de pure futilité, le maniement de la caméra digne de celle d'un documentariste, l’excellente utilisation des bruitages, des effets sonores et de la musique, les images hospitalières parfois sanglantes mais propres (cliniques, donc ! Ha !), quelque chose d'infâme qui se loge dans un corps et s’en empare, se propage, les virus qui sont les nouveaux vampires à fuir, difficile cependant quand le vecteur de départ, victime d'une science expérimentale inconsciente, est sacrément sexy (la beeelle Marilyn Chambers s'est auparavant illustrée dans deux films pornographiques, Derrière la porte verte et Resurrection of Eve, et elle continuera longtemps dans cette voie, ceci explique peut-être cela…). Mais tous les autres n’ont pas cette chance et si la tronche des contaminés rappelle celle des zombies / morts vivants, ils font quand même vachement plus peur avec leurs regards et leurs sourires complètement tarés !

On peut situer Rage tout juste entre La Nuit des morts-vivants et The Crazies (La Nuit des fous vivants) et il est impossible de ne pas se dire que tous les 28 jours plus tard, Shaun of the Dead et autres Walking dead ne sont pas en droite lignée de ce film qui, on le répète, fout bien plus la pétoche que les hordes de décérébrés mangeurs de chair humaine et ceci avec beaucoup moins de moyens financiers, surtout en gardant à l’esprit que la tricherie numérique n’était pas encore à l’ordre du jour en 1977. Et pis c’est pas tous les jours que l’on peut se réjouir d’éclairs de violence tel que celui de l’assassinat du Père Noël ou d’une attaque au marteau-piqueur, il est d’autant plus étonnant de noter parmi les « executive producers » le nom d’un Ivan Reitman, également superviseur de la musique, qui sera ultérieurement bien plus connu pour des comédies grand public comme S.O.S fantômes I et II, Jumeaux ou Un flic à la maternelle. Sinon on se repait toujours avec joie de la science-fiction qui peut se permettre des scénarii abracadabrants, pensez donc, des passants triés par des flics au moyen de cartes de vaccination, c'est pas quelque chose qui pourrait arriver de sitôt pas vrai ?!

P. S. : est-il innocent que l’on voie gros comme une maison ce drôle de 21.21 Saint-Mathieu ? Voici quand même le message qui va avec :

Alors Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : si vous avez la foi et si vous ne doutez pas, vous ne ferez pas seulement ce que j’ai fait au figuier ; vous pourrez même dire à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, et cela se produira.

Ayez la foi nom de Dieu !!!

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