Chroniques DVD
05
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

riccardo freda coplan eurospy film

Genre : eurospy franchouillard

Scénar : c’est cette fois à Istanbul qu’un message habilement camouflé au cœur d'une rose est remis à un homme dans un cabaret où une dame s’effeuille avec beaucoup de technique. L’homme descend un serveur mais quand la police arrive et croit avoir affaire à un infarctus, elle se retrouve avec un cadavre troué. Plus tard, le camion qui trimballe une mystérieuse malle mentionnée dans le fameux message est mitraillé par un avion de tourisme qui finit par se poser sur son toit. Est-il besoin de nommer l’homme qui réussit à s'introduire dans le véhicule ? Malheureusement, dans la malle se trouve un homme déjà mort, transpercé par des piques comme celles d’une vierge de fer. Le « Vieux » reçoit le patron des services secrets israéliens en personne qui l'informe que deux spécialistes de l'énergie atomique se sont volatilisés à peu de jours d'intervalle. En fait, il n'apprend rien au français puisque Coplan est déjà sur l'affaire : évidemment les Égyptiens seraient derrière tout ça et les Israéliens sont inquiets de prendre des fusées égyptiennes sur le coin de la figure. Une sorte de malédiction condamnant les contacts de l’agent français complique quand même le dossier, méfiance !

Un des plus grands réalisateurs des films d'aventure italiens se voit confier la tâche de continuer la série Coplan sur grand écran 1, la saga Paul Kenny tentant comme toujours de concurrencer la franchise James Bond (on peut apercevoir à un moment quelques livres de poche dont un de… Ian Fleming !) dans le genre espionnage déguisé en tourisme, ici filmé en Turquie. Le personnage principal interprété par Richard Stapley n'a pas précisément l'air d'être un grand intellectuel mais son patron le « Vieux » (Jacques Dacqmine, de retour dans son rôle précédent) le tient toujours en haute estime : son agent secret, si irrésistible que la gent féminine le préfère à l'argent, fonctionnaire volontiers cruel dans l’accomplissement de ses missions si c’est nécessaire, quasi-surhomme équipé bien sûr de petits gadgets ridicules, pourvoyeur relou de petits jeux de mots pourris entre deux courses-poursuites, sera bien sûr parfait pour empêcher un affrontement fomenté par de méchants égyptiens (repérés au Service des Antiquités, voilà une trouvaille tout à fait exceptionnelle des scénaristes !) face à des israéliens qui deux ans plus tard remporteront la victoire lors de la guerre des Six Jours…

Là où se distinguera le film, c’est par un renversement (parodique ?) de valeurs flagrant : l’archétype de l’occidental « civilisé », « humaniste » et « démocrate » se retrouve cette fois face à un méchant peut-être moins raciste que lui qui ne peut empêcher des réflexes colonialistes moisis. L’époque voulait-elle cela ? Avec nos yeux d’aujourd’hui en tout cas, le caractère un peu puant de certains héros blesse un peu l’intelligence, mais celle-ci a le recul dû à un certain progrès dans l’appréciation des êtres et des choses. Pour le reste, un peu de bagarre rythmée par la chouette musique du maître Michel Magne, une séance de pêche à la pelleteuse, une base souterraine avec ses tenues anti-radiation trop à la mode de chez nous et de petits pétards subrepticement placés au niveau des pieds pour faire croire à des rafales de mitraillette, ces détails très drôles et habituels font du visionnage un moment supportable. La question se pose maintenant, tenace, c’est sûr que l’on a déjà vu ce camion Berliet (une sorte de bétaillère géniale) dans un autre film du même genre, peut-être même un OSS 117, mais lequel ? Rhâ, à vos magnétoscopes, celui qui trouve gagne un badge et un autocollant Nawakulture !

1 Voir Action immédiate, Coplan, agent secret FX-18 et Coplan prend des risques.

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