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Chroniques DVD
13
Sep
2022

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

lenzi aventure sixties cinéma bis

Genre : le Zorrobin espagnol

Scénar : voilà Higuera (de la Sierra ?), jolie petite ville fortifiée dans une Espagne menacée par la peste qui fait rage au Portugal mais les montagnards s’en foutent, contrebande avant tout. Sauf qu’un mystérieux cavalier masqué se pointe sur leur chemin et file avec leur précieux chargement d'or ! Don Luis, notable véreux local, est furieux. Mais s'il devenait tout à coup le calife à la place du calife, il pourrait continuer à faire régner sa loi et à trafiquer en paix les richesses qu'il cache au royaume. Pour l’heure, c’est Don Gomez qui est chargé de surveiller la région mais il est vieux et pas très malin, contrairement à sa fille Carmencita qui est de plus très belle. Lors d’un voyage à la cour d'Espagne, des bandits attaquent et tuent Don Gomez, Don Luis se fait confier sa fille mais les hommes du nouveau chef ramènent la peste et comme il ne veut pas l'admettre, il fait assassiner le messager : tarif. Mais un témoin a assisté à la scène. Quand les hommes de Luis essaient de l'éliminer, le cavalier masqué surgit encore ! Don Luis se croit malin : il fait revenir son fils dans la région pour séduire la fille du défunt mais, catastrophe, par peur de la peste, les villageois se précipitent vers le château qui s'empresse de lever le pont-levis et de tirer dans le tas… Vivement les vacances !

Les années 1960 sont incroyablement prolifiques pour Umberto Lenzi ! Juste pour 1963, pas moins de quatre films sortiront dont le précédent Catherine de Russie déjà évoqué ici 1 ! Et même avec un scénario invraisemblable à grosses ficelles (écrit par Lenzi en personne et d’autres, inspiré au hasard par un certain Johnston McCulley, tout simplement l’auteur de Zorro), une ambiance légèrement kitsch et du romantisme de gare, le charme est là, prouvant une fois de plus que Maître Umberto savait death-y-dément faire des films divertissants sans avoir les moyens des superproductions ; il savait aussi s’entourer d'acteurs bien choisis dont ici quelques français et pas des moindres : Pierre Brice (überstar en Allemagne because la série Winnetou entre autres) et la belle Hélène Chanel (Le Géant à la cour de Kublai Khan, Maciste en enfer, Le Grand défi, Goldocrack à la conquête de l'Atlantide, Calibre 32, Cjamango…) en plus de plein de tronches bien connues par les fans de péplum et de western spaghetti, les patibulaires Daniele Vargas et Massimo Serato en tête, on ne compte plus leurs apparitions dans les œuvres de cinéma populaire de ces glorieuses années.

Phénomène classique en ces années où les films étaient distribués très différemment, L'invincibile cavaliere mascherato porte des titres totalement loufoques suivant le pays où il est diffusé : en allemand, le film est appelé…Robin des Bois dans la ville de la mort, les grecs mentionnent la présence de…Zorro, au Canada le cavalier n’est pas invincible mais noir, ce qui a dû engendrer avant l’encyclopédisme internet un certain nombre de méprises sympathiques. Après, il faut avouer que les univers susdits ne sont pas très loin, on a droit à des bagarres rigolotes comme dans un épisode de Zorro avec Guy Williams où d’un flamenco de taverne (la chouette musique, axée guitare / trompette à la mexicaine, est encore signée Francisco Lavagnino), on passe à la bagarre épique où l’on se casse des cruches sur la tête, on se bat même avec des fruits (!) et d'un certain côté, tout ceci n’est peut-être pas sans préfigurer le western comique. Si des scènes sont assez longues comme l'assaut du château, les diverses danses ou l'attaque de la diligence, on imagine que pour atteindre une durée raisonnable on a laissé traîner un petit peu les choses. À part ça, un moment sympa et suranné, dans l'exacte lignée de Zorro que l'on aurait teinté de tonton Edgar Allan Poe (au bal masque ohé ohé !).

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