Chroniques DVD
23
Déc
2010

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : gendarmes du monde option mercenaires vieillissants

Expendables : Unité spéciale de Sylvester Stallone (2010)

Scénar : après une libération musclée d’otages au large de la Somalie, la brigade internationale des bourrins (au point qu’ils n’hésitent d’ailleurs pas à se taper sur la gueule entre eux, sûrement pour s’entraîner) connue sous le nom d’Expendables est engagée par le nommé Church pour une intervention sur l’île de Vilena. Leur mission : abattre un potentat local et au passage botter le cul d’un transfuge de la CIA recyclé dans la production-distribution de drogue.

Descendant des film d’équipes / commandos / mercenaires et fort logiquement des films d'action post-Rambo 2 (sélection dans l’ordre : Les Sept samouraïs, Les Sept mercenaires, Les Douze salopards, Les Oies sauvages, etc.), Expendables réunit le casting de brutes le plus impressionnant jamais rassemblé ou l’équivalent filmé de plusieurs millions d’années de musculation : Stallone, Statham (irrésistible, on ne s’explique pas pourquoi mais qui va à la chasse perd « sa » meuf), Jet Li, Schwarzenegger (ses passes d’armes avec Sly sont hilarantes), Willis (non crédité, la surprise éventée dans l’œuf en chocolat), Lundgren (hyper bon en colosse ravagé), Gary Daniels, Eric Roberts, Mickey Rourke, Randy Couture, Steve Austin, Terry Crews ou encore David Zayas (le Angel de Dexter mais aussi vu dans Oz)… Wow… Et cette équipe de mercenaires oufs,  et asociaux complets, accros, suivant les tempéraments, au tatouage, aux motos, aux cigares, à tous les stéréotypes motards en fait, l’armurerie de Rambo en plus, sont, en plus d’être ultra expéditifs (et donc, forcément, jouissifs dans cet exutoire ambulant), capables d’autodérision ! Yesss ! Et pis les méchants sont très méchants !! Les explosions énoooormes !! L’arsenal surréaliste !!

Là où les intellectuels que nous sommes tous auraient pu / dû se faire chier comme des rats morts devant un pur navet empestant la testostérone et l’essence à zippo, on trouve un méchant film d’action où tout le monde cabotine gentiment au point que guerre et comédie s’entremêlent sans trop nous les râper avec l’over-puissance US (marrant comme les ricains, qui n’ont plus à prouver leur masochisme, truffent leurs films d’action de saloperies sur la CIA) ou la morale à la noix. Certes, quelques cascades ne sont pas super crédibles pour des vieillards (déjà, Stallone qui court tient de la vaste blague mais faut voir ce qu’il semble avoir enduré pandant le tournage…) mais la réalisation est super nerveuse, adéquate et efficace pour des fusillades givrées et des courses-poursuites à donf, à l’image d’une musique heavy et puissante comme les vieux muscles de ces messieurs : CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL, MOUNTAIN, THIN LIZZY, GEORGIA SATELLITES

Un bon moment de bêtise comme il en faut parfois, il est en effet des hommes - et des moments - qui aiment à contempler le monde en flammes…  

Expendables : Unité spéciale 2 de Simon West (2012)

 

Scénar : la libération explosive d'un milliardaire chinois (et au passage de Trench, leur éternel concurrent) au Népal effectuée, les Expendables se rendent en Albanie, toujours pour le compte d’un Church bien décidé à « se rembourser », pour récupérer le contenu d’un mystérieux coffre. L’opération va brusquement leur coûter la vie d’une jeune recrue très douée… En effet, l’équipe tombe sur celle de Jean Vilain, une véritable enflure de la pire espèce, qui embroche le jeunot et humilie les Expendables : monumentale erreur. « Le traquer, le trouver et le tuer » : ça va chier du plutonium dans les chaumières.

Retour de la légion de vieillards la plus musclée de l'univers : allait-on ici égaler un premier épisode que les fans ultimes d’action avaient dû mettre sous verre ? A priori oui, cet épisode est plus sombre et plus brutal encore (du gore discret et du sang qui gicle plus sont là pour en témoigner), recèle encore de cascades dingues (une moto qui fracasse un hélico, c’est beau !), d’explosions maousses innombrables, de gros matos de destruction (même des camions dignes de la saga Mad Max dis donc !) et d’un seul langage : yaaaah et beuargh !  

Les acteurs sont dignes de leurs personnages habituels (Dolph Lundgren est magnifique, peut-être le seul qui peut faire peur à la Kinski, Van Damme est juste fabuleux en méchant affreusifère, la surprise Chuck Norris est jouissive…) et se livrent volontiers aux habituelles bastons zherculéennes, aux jeux de mots capillo-tractés, la classe totale en treillis qui pue le cigare et la testostérone. On note au passage qu’un personnage féminin défrise toujours un peu le macho qui sommeille, avant de botter son vieux cul via son habileté et sa clairvoyance.  

Un fois de plus, un trip totalement idiot mais rigolo, et même, comme le précédent, invraisemblablement divertissant, quand on y pense, l'État islamique et autres moisissures n'auraient aucune chance contre ces vieux outils qui bousillent cent-douze personnes à la minute, caisse con attend donc pour passer un coup de fil à Barney et ses potes, hein ?!

La phrase du film : [Jason Statham à la fille qui assure pouvoir faire parler un type avec des scalpels] « tu vas lui faire quoi ? Une pédicure ? »

Expendables 3 de Patrick Hughes (2014)

 

Scénar : l’équipe exfiltre d’un train de prisonniers Doc dit Docteur La Mort, un des fondateurs des Expendables. Celui-ci, du genre impulsif après huit ans de captivité, s’empresse d’aller fracasser ses geôliers. Mais avant de rentrer à la maison, une autre mission attend Barney et ses camarades : empêcher une vente d’armes en Somalie. Le monde étant nécessairement petit, il se trouve que le commanditaire de la vente est un autre fondateur des Expendables que Barney croyait mort : Stonebanks. Devant le capotage de la mission, Barney refuse de venger Caesar grièvement touché et dissout l’équipe. Il en cherche en fait une nouvelle pour faire payer son ennemi mortel. Il repart en guerre avec une horde de jeunes guedins même s’il devra ramener Stonebanks - ô rage ! - vivant pour le faire comparaître devant un tribunal pour crimes de guerre. L’histoire prouvera que, y avait longtemps, c'est dans les vieux potes qu'on trouve les bonnes troupes !

Et c’est reparti pour un troisième cocktail d’action surarmée sur son lit de cascades invraisemblables et d’humour viril (et donc bien sûr, pas fin) ! Et avec cette fois pour invités spéciaux d’autres icones du cinéma d’action : Wesley Snipes, Harrison Ford, Antonio Banderas (souvent hilarant et responsable d'une touche de comédie supplémentaire) et Mel Gibson (impitoyable et définitivement très bon pour incarner un méchant) : quelle affiche, nom de Dieu ! Car même si les personnages se rendent compte (tout de même !) qu'ils sont vieux, ils montrent qu’ils en ont encore sous le pied.

Dans un genre où les philosophies antiques sont peu évoquées, les mots fléchés très mal vus, on tient encore là un bon épisode pour les fans de films d'action survitaminée, le défilé de vieilles gloire est assez réjouissant quand on ne cherche que le divertissement qui ne demande absolument aucune réflexion. Mission accomplie donc, et on n’est absolument pas à l’abri d’une suite que Stallone dirigerait selon ses propres dires vers une sorte de Légion étrangère made in Himself, le recrutement s’annonce encore prestigieux en plus d'être international, wait and see.  

La phrase du film : [Mel Gibson, à une jeune recrue le prenant de haut] « tu devrais me voir quand je suis en colère, tu serais très impressionné. Et après très, très mort »…

Bonus : sur chaque DVD plein de petits documentaires sur les tournages mais aussi des scènes ratées ou coupées, des bandes-annonces, des interviews des doubleurs dont on voit enfin la tronche après des décades de travail dans l’ombre, tellement bon pour tous ces acteurs que l'on associe systématiquement à leur voix française. Allons plus loin, on a même du mal à voir les versions originales de ce genre de films juste pour ces voix françaises qui ont pris une importance folle au même titre que celle des dessins animés comme Les Simpson qu'il est parfois abominable de regarder en version originale.

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