Chroniques DVD
01
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : mercenaires dans la brousse

Scénar : voir le Concorde atterrir, c'est toujours la classe. À son bord, le colonel Allen Faulkner qui est engagé par un richissime banquier pour libérer un président africain, Julius Limbani, pour rétablir la stabilité et surtout ses profits. Faulkner doit rassembler une équipe et ça tombe bien, le lieutenant Shawn Fynn est très en colère envers son ancien patron qui lui a fait transporter de la drogue contre ses convictions, il sera partant, d’autant qu’un contrat a été mis sur sa tête. Quant au capitaine Rafer Janders, désabusé par les aventures qui le conduisaient jadis à soutenir des présidents qui s'empressaient ensuite de faire régner la corruption, il semblait s'être rangé des voitures pour vivre auprès de son jeune fils mais Faulkner parvient à le convaincre. Le trio réunit quelques dizaines de soldats de fortune et part pour l'Afrique où aura lieu un entraînement à la dure organisé par un sergent-major un rien inflexible et auquel les officiers participent aussi et souffrent autant que leurs soldats. Mais ce n’est que le début d’un périple semé d’embuches.   

Après Les Sept mercenaires (et pourquoi pas son ancêtre Les Sept samouraïs) 1, les films de commandos 2 puis ceux de la décolonisation 3 et avant Agence tous risques ou les ineffables Expendables, il y eut, principalement en Europe de la fin des années Soixante au milieu des Quatre-Vingt, une petite vague de films de mercenaires déployés sur le tiers-monde, particulièrement l’Afrique fraîchement indépendante pour la plupart de son territoire 4. Et celui-ci, réalisé par Andrew V. McLaglen, un vrai spécialiste du film d’action, bénéficie d’un casting de choix ! Richard Burton (qui a sacrément morflé et se montre glacial et porté sur la bouteille, jouerait-il donc son propre rôle ?!), Roger Moore (juste après L’Espion qui m’aimait), Richard Harris, Hardy Krüger (sortant d’Un pont trop loin), Stewart Granger !

Tous les ingrédients du genre sont réunis : action non-stop (longues fusillades de tous calibres, moyens drastiques du genre arbalète à fléchettes empoisonnées ou gazage de l'ennemi, explosions de classe internationale, tonnes de cadavres à ramasser…), suspense, récriminations légitimes (trahisons de l’arrière, intérêts politico-financiers sans scrupules…) et valeurs classiques (héroïsme, réelle exaltation spirituelle pour certains, ouverture des yeux des racistes façonnés par une culture rouleau-compresseur…), enfer du devoir et pertes tragiques, et on a même droit a des petits plus : un petit débat autour de la moralité dans la peau d'un mercenaire et, même si vous n’échapperez pas à l’humour très masculin et typique des films d'action, un petit peu de tendresse comme par exemple celle régnant entre le personnage de Richard Harris et son fils.

Pour finir, les plus doués (nous en sommes !) auront tiqué dès le générique : une chanson digne d'une bande originale de James Bond avec des superpositions d'images sur fond noir, c’est Maurice Binder aux commandes ! Queuah, et en plus on signale John Glen 5 comme réalisateur de la seconde unité ?! Les points communs ne manquent pas avec la saga 007 hein ?!

Bonus : commentaires audio à la noix.

1 voir Les Sept mercenaires de John Sturges (avec Yul Brynner, Steve McQueen…) 1960 et, tant qu'à y être, Les sept samouraïs de Akira Kurosawa (avec Takashi Shimura, Toshiro Mifune...) 1954.

2 comme par exemple Les Douze salopards de Robert Aldrich (avec Lee Marvin, Charles Bronson, Telly Savalas...) 1967, Quand les aigles attaquent de Brian G. Hutton (avec Richard Burton, Clint Eastwood...) 1968, Deux salopards en enfer de Tonino Ricci (avec Klaus Kinski, George Hilton...) 1969Cinq pour l'enfer de Gianfranco Parolini (avec Gianni Garko, Klaus Kinski...) 1969 etc.

3 citons La 317e section de Pierre Schoendoerffer (avec Jacques Perrin, Bruno Cremer…) 1965 ou La Légion saute sur Kolwezi de Raoul Coutard (avec Bruno Cremer, Jacques Perrin…) 1980.

4 on a tenté d'en recenser un maximum entre 1968 et 1985 : Les Mercenaires de la violence, Black Jesus, assis à ma droite, Le Dernier train du Katanga, La Dernière grenade, Les Baroudeurs, Les Mercenaires, Haute tension, Intervention Delta, Ecorchés vifs, S.O.S Danger uranium, Le Putsch des mercenaires, Les Chiens de guerre, Nom de code : oies sauvages, Les Oies sauvages 2 et Kommando Leopard.

5 réalisateur de Rien que pour vos yeux, Octopussy, Dangereusement vôtre, Tuer n’est pas jouer et Permis de tuer.

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