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Chroniques DVD
09
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : les sept salopards mercenaires au Congo

Scénar : au Congo, les mercenaires qui se sont rendus coupables d'exactions auront droit aux représailles des Simbas qu’ils ont laissés en vie et qui ont mis au point de joyeuses techniques pour qu’expient leurs prédateurs et que les vautours soient bien nourris. Le capitaine De Brand, l’officier responsable de l’échec de l’opération en perdant ses hommes, mais aussi des documents stratégiques, reçoit l'ordre de retrouver ceux-ci ainsi qu’une journaliste française retenue prisonnière. Pour guider les hommes à travers le désert et un marais, il engage un trafiquant d'armes français que seul l'argent intéresse : pour le tarif, « il les conduirait en enfer ». Leur avancée se voit bien sûr contrariée par l'apparition d'opposants au pouvoir, mais les membres du commando qui se détestent pour la plupart, des français, des nazis, des noirs, tous rendus fous par la violence, princesse du monde à chaque fois qu’elle peut se manifester, ne reculent devant aucun massacre pour aller au bout de leur mission.

Cette coproduction italo-allemande, premier film réalisé par Mario Siciliano après quelques productions, utilise les ficelles typiques du cinéma Bis. Tout d’abord elle n’est pas du tout comme annoncé l’adaptation d’un roman d’un certain Dean Craig mais bien basée sur un scénario du stakhanoviste Piero Regnoli dont c’est le pseudonyme associé à d’innombrables projets de cinéma populaire sur plus de quarante ans de carrière. Ensuite son sujet, les exactions de commandos de mercenaires en Afrique, est très à la mode en cette fin des années 1960 où de nombreux pays d’Afrique, en accédant à leur indépendance, ont dû lutter contre des potentats possédant leur propre armée, souvent encadrée par d’anciens soldats de l’Indochine ou de l’Algérie, et même de la seconde guerre mondiale puisque les « soldats de fortune » ne semblaient pouvoir vivre que l’arme à la main sous les ordres d'un chef autoritaire les menant ers un idéal souvent inaccessible. Impossible donc de ne pas penser au Dernier train du Katanga sorti l’année précédente.

La voix off de la française raconte l’histoire de cette sanglante expédition, tandis que défile une musique tribale saupoudrée d'ambiances mélancoliques presque proches de celles qui nimberont plus tard les films de morts-vivants transalpins : c’est parti pour une traversée de déserts hallucinants bordés de monticules de soufre, puis de dangereux marécages où de diaboliques pièges de forêt rappellent les antiques films de jungle ou ceux de cannibales à venir, « bon dieu, quel métier » s’exclame le sergent Vlasky… Mais on a ce que l’on mérite : quand on joue avec un lance-flamme face à un guépard (qu’on aimerait bien voir libre et mettre en pièces l’infâme soudard, pareil pour le beau serpent tué à la machette), il ne faut pas s’étonner ensuite des coups de griffes du destin. Et puis personne ne se fait de cadeau dans cette sale guerre : bagarres, mitraille, explosions, mais aussi disgrâce et chantage afin que de fieffées brutes racistes ne reçoivent pas d’ordres d’un noir… Mais un jour chacun doit passer à la caisse.

Version intégrale et master restauré pour ce film figurant des gueules connues des amateurs : Ivan Rassimov (La Planète des vampires, L'Etrange vice de Mme Wardh, Toutes les couleurs du vice, Cannibalis - Au pays de l'exorcisme, Spasmo, Le Dernier monde cannibale, La Secte des cannibales, Cinq salopards en Amazonie…), Sieghardt Rupp (Pour une poignée de dollars, La Grande vadrouille, Les Colts de la violence…) ou les musclés Kirk Morris (Le Triomphe de Maciste, Maciste en enfer, Goldocrack à la conquête de l'Atlantide, Destination planète Hydra, Les Sept de Marsa Matruh…) et Serge Nubret (Les Titans, César et Rosalie, Le professionnel…) mais aussi, death-y-dément une sacrée bande originale signée Gianni Marchetti (mais d'autres musiciens ont mis la main à la pâte pour l’harmonica et les percussions…) qui couplée à d’incessantes superpositions d'images d'exactions, de flammes et de destruction, tutoient clairement l’horrifique.

Bonus : diaporama et présentation par Curd Ridel (35’)

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/guerre/les-sept-berets-rouges-313

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