Chroniques DVD
02
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : amour et piraterie

 

Scénar : le capitaine du vaisseau pirate la Santa Maria se voit déjà planteur à la retraite et sa fille Consuelo une sorte de princesse à laquelle viendraient faire la cour des gentilshommes fortunés. Mais elle compte bien reprendre le bateau quand son père lâchera la barre, peut-être aux côtés du second William dont elle est amoureuse. Mais les pirates ne sont pas les plus progressistes des hommes, « les jeunes ont les dents longues et convoitent tous le commandement de la Santa Maria » : bien vu l'aveugle ! William vient déjà de balancer en pleine face au capitaine que sans sa manœuvre malheureuse beaucoup auraient survécu, d'autres complotent dans l'ombre. Le capitaine défie alors l'équipage : certains essayent mais le vieux est resté solide. En fait, il veut que le plus courageux gagne le bateau au lieu d'attendre qu'on le lui donne et à ce jeu, c’est William qui se montre le plus fort. Mais Consuelo entre en lice et le remporte ! Mais son père ne tarde pas à être assassiné, soi-disant avec le poignard de William. Le Conseil des pirates le condamne à mort à l'unanimité mais au moment de l'exécution, les espagnols attaquent, c'est ce qui s'appelle avoir de la chance. Il parvient à s’enfuir alors que Consuelo, assoiffée de vengeance, jure qu’elle attaquera tous les bateaux jusqu'à tomber sur la Santa Maria, commandée par William. C’est lors de cette poursuite qu’elle acquerra le surnom de « Tigre des mers ».

Yes ! Encore une rousse capitaine comme l’année précédente la Mary 1 d'Umberto Lenzi 2, et plein de jolies petites batailles bourrées de combats à l'épée, au sabre ou au pistolet avec l’amour en filigrane. Le personnage de la somptueuse Gianna Maria Canale (à l’affiche d’une jolie palanquée de films d’aventures exotico-historiques) est certes amoureuse de William (le pâlot Anthony Steel, pas le plus expressif des acteurs du circuit) mais celui-ci a intérêt à se planquer tant la belle met de l’ardeur à le revoir, mort si possible. De ce côté-là, ce film est évidemment bien loin d'inventer quoi que ce soit et pourtant une fois de plus, le visionnage de ce genre de petit trésor d'aventure est toujours réjouissant, particulièrement quand, comme souvent dans les films italiens de l’époque, la pointe de féminisme est bien là via une femme forte et libre ne craignant pas des adversaires tout aussi redoutables, ceux-ci agissant, forcément, comme des lâches sous les ordres de quelqu’un de plus impitoyable encore. Et c’est le satané ascenseur social qui est bien entendu cause de tout : l’attrait de l’ambitieuse compagne du gouverneur espagnol pour un gros trésor qui ferait oublier ses origines plébéiennes l’obsède. Il faut bien qu’elle soit de mèche avec un fourbe qui ne mériterait même pas la corde pour le pendre. Les parties sont en place, il n’y a plus qu’à déclencher les hostilités, et pas de quartier !

Très bien ficelé, Le Tigre des mers bénéficie, outre d’un très bon réalisateur (une quarante de films, principalement d’aventure, à réévaluer !) et de superbes décors comme cette forteresse aux énormes créneaux, d’artisans renommés dans son équipe, la musique typique de Carlo Rustichelli (presque trois-cents films portent sa marque dont Annibal, L’Enlèvement des sabines, Les Titans, Le Corps et le fouet ou encore Six femmes pour l’assassin, franchement on a vu pire non ? Et il y en a tant d'autres !) fait toujours son effet, la photographie d’Alvaro Mancori (plus tard réalisateur de Hercule l'invincible, également exhumé par Artus Films dans sa collection Peplum) est de taille, le montage des scènes récurrentes (de la jolie petite scène de bal aux oubliettes où l’on torture, de l'abordage brutal de chouettes bateaux se heurtant pendant que les équipages s'entretuent jusqu’à la comique remise de médaille que ce crétin de gouverneur semble collectionner mais oublie souvent à qui il a déjà attribué quoi) est efficace en diable et ravira les nombreux amateurs du genre, ce film n’étant pas le plus connu d’un très longue liste de film de piraterie tournée à la même époque en Italie et chez ses coproducteurs (en tête la France, l’Espagne et l’Allemagne). Action, comédie, romance, le cocktail fonctionne toujours ! Il n’y a plus qu’à appuyer sur Play ! Yo-ho-ho, et un saladier de popcorn !

Bonus : bande-annonce, présentation du film par Christian Lucas (17’), générique français, diaporama

1 voir Mary la rousse, femme pirate de Umberto Lenzi (avec Lisa Gastoni, Jerome Courtland, Walter Barnes…) 1961.

2 afin de lire plein d’autres chroniques à l’occasion, clique juste sur les noms en rouge.

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/piraterie/le-tigre-des-mers-344.

 

 

Les mots-clés :

Quelques chroniques en vrac

american heavy doom metal vinyle EP