Chroniques DVD
07
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : « tu n’iras pas loin Oaks ! »

Scénar : sa main sort de terre comme celle d’un zombie, « Django » revient à la vie avec des flashbacks plein l’esprit : la folie de l’or a dirigé de main de maître l’attaque d’un transport de fonds mais le méchant Oaks « ne partage pas avec de sales mexicains », ses hommes non plus. Les dindons de la farce sont même condamnés à creuser leur propre fosse commune. Mais juste après, Oaks et ses complices paument leurs chevaux et se pointent en ville pour s’en procurer, ils seront massacrés pour la plupart par les habitants. Car « c’est un village de gens honnêtes » mais visiblement ceux-ci sont aussi attirés par le chargement d’or que le caïd local, Sorro. En fait, ne reste de l’équipe de bandits que ce « Django » en vie, cool pour un « mort » non ?

Mis à part des documentaires ou des segments de films à sketches depuis la fin des années 50, Giulio Questi ne réalise son vrai premier film qu’en 1967, il réunit à cette occasion une belle brochette d’acteurs : Tomás Milián (Le Dernier face à face, Saludos, hombre, La Longue nuit de l'exorcisme, La Rançon de la peur, Les Quatre de l'ApocalypseBrigade spéciale etc.) et son adversaire Piero Lulli (Ulysse, Romulus et Rémus, Opération peur, Folie meurtrière, Mon nom est Personne…) sont juste géniaux, l’espagnol Roberto Camardiel (Le Colosse de Rhodes, Et pour quelques dollars de plus, Colorado…) est lui aussi très convaincant. Tire encore si tu peux offre aussi son premier vrai rôle à Ray Lovelock (Le Massacre des morts vivants), une rare tronche supportable au milieu d’une sacrée galerie de salopards, car il n’y a pas grand monde à sauver dans cette bourgade de culs terreux qualifiée assez justement de « camp de l’angoisse ».

On n’échappera pas à certains écueils habituels comme les pistolets à munitions infinies (faut dire qu’à un mètre les types ne s’atteignent pas, bravo !), les doublages (italiens) affreux (la chanteuse du saloon est le summum !) mais, en contrepartie, on a une excellente bande originale tendue d’Ivan Vandor pour rythmer le tout et une particularité plutôt rare dans le genre : l’évocation des cowboys ouvertement homos, peut-être sont-ce même les premiers au cinéma en cette année 1967 ?

Encore un pseudo-Django mais ici une très grande réussite que ce western imposé à Questi alors que lui voulait faire un thriller… Il y injecte une ambiance très psychotique où réalité et cauchemar se tiennent la main, d’ailleurs le fantastique n’est pas loin de ce délire quasi gothico-horrifique avec sa « tour » et sa foldingue, son héros recueilli par deux indiens fascinés par sa « mort » qui deviennent ses acolytes / serviteurs en échange de ses « souvenirs » de l’au-delà 1… Une belle série de gros plans morbides sur la cruauté (pendaisons, scalp et ouverture sans anesthésie, profanation de cimetière, cheval piégé) fait que Tire encore si tu peux est rapidement interdit vu sa violence extrême pour l’époque. Mais bon, citons pour finir l’affreux Sorro : « manger, boire et contempler sa victime, il n’y a rien de plus sensuel »…

Bonus : présentation par Curd Ridel (13’)

1 ce n’est pas la dernière fois que les deux genres s’approchent, voir par exemple Avec Django la mort est là de Antonio Margheriti (avec Richard Harrison, Claudio Camaso…) 1968

P. S. : une réédition Blu-ray est sortie depuis, voir Tire encore si tu peux de Giulio Questi (avec Tomás Milián, Marilù Tolo, Piero Lulli, Miguel Serrano, Ángel Silva, Ray Lovelock, Roberto Camardiel...) 1967 Réédition 2016.

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